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Ce mercredi 7 juin 2023, neuf nouveaux enfants (mineurs) dont 1 fille ont été séparés par l’équipe de la Protection de l’Enfant de la MONUSCO des nouvelles recrues des FARDC à Beni dans le Grand Nord-Kivu. C’était à l’occasion d’un screening au camp militaire de Mambango, situé à une douzaine de km du centre-ville de Beni. L’objectif est d’aider à faire respecter l’engagement du gouvernement congolais à ne plus recruter des enfants au sein des Forces armées congolaises et de la Police. Au total et pour le Nord-Kivu, ce sont 642 enfants dont 27 filles qui ont été séparés par la MONUSCO de ces nouvelles recrues depuis décembre 2022 à ce jour. Soixante enfants (dont 7 filles) sur les 642 concernent la région Grand Nord-Kivu (qui regroupe Lubero, Butembo, la ville et le territoire de Beni).
Donner une chance aux enfants d’aller à l’école.
Bernard Okanda de la Section Protection de l’Enfant de la MONUSCO à Beni explique que cette action vise plusieurs autres objectifs. D’abord promouvoir les droits de l’enfant. « Les FARDC ont besoin de l’expertise de la MONUSCO en matière d’évaluation de l’âge des nouvelles recrues. Avec nos amis de l’UNICEF à travers ses partenaires, nous parvenons à déceler l’âge réel des candidats aux fonctions de policier et de militaire », explique-t-il. Mais comment se fait ce travail de screening ?
« Cela se passe par un entretien qui consiste à faire des recoupements par rapport à la lignée biologique, aux évènements historiques et aux faits sociaux, culturels, économiques, etc. La marge d’erreur est très faible, de l’ordre de 0.5% », affirme Bernard Okanda. Il ajoute que « même les médecins recourent souvent à nos méthodes qui sont plus fiables ».
Un autre avantage de ce screening est d’éviter à ces enfants qui pourraient rejoindre précocement l’armée ou la Police des préjudices physiques, du fait de leur jeune âge (moins de 18 ans) et de certains exercices physiques pendant la formation.
Mais c’est surtout « pour permettre à ces enfants d’obtenir au moins le diplôme de fin d’études secondaires ou Diplôme d’Etat », conclut Bernard Okanda. Car, « les prendre avant l’âge de la majorité, c’est les priver de leur droit à l’éducation », rappelle-t-il.
Après leur séparation des nouvelles recrues des FARDC, ces 9 enfants qui sont âgés de 14 à 17 ans vont être réunifiés avec leurs familles. « Mais en attendant, nous allons les référer à l’UNICEF à travers ses représentants ici à Beni, pour assurer leur accompagnement », indique-t-on à la MONUSCO.
Respect des engagements pris.
Pour l’armée, cet exercice qui se déroule en toute transparence, est une preuve du respect des engagements pris par l’Eta congolais à ne pas recruter des enfants au sein de l’armée.
« Aujourd’hui, les FARDC ne peuvent pas recruter des mineurs. Ce screening prouve que le gouvernement congolais en général et en particulier les FARDC continuent à respecter les accords signés avec la MONUSCO et toutes ces ONG de la protection de l’Enfant », déclare le colonel Faustin Ndakala, directeur chargé de l’information, sélection et orientation à la 34ème région militaire des FARDC. On ne le dira jamais assez : la place d’un enfant est à l’école ou dans sa famille, et non dans une armée ou une milice.
Photos : MONUSCO/Papy Martial Wa Mukeba
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