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Alors que la République Démocratique du Congo fait face à une recrudescence des conflits armés, notamment avec l’occupation de plusieurs villages par des groupes armés, des stéréotypes dangereux se propagent sur les réseaux sociaux. Certains utilisateurs associent automatiquement l’appartenance d’un individu au mouvement rebelle à l’implication de toute sa communauté ethnique, ce qui est faux et archifaux.
Depuis plusieurs mois, des jeunes, des leaders communautaires, des acteurs politiques, de la société civile ainsi que certains opérateurs économiques congolais ont été accusés parfois à tort d’avoir rejoint ou soutenu un groupe armé. À partir de ces cas individuels, des messages vocaux et publications circulent en ligne, généralisant ces adhésions à l’ensemble des communautés locales auxquelles appartiennent ces personnes.
Par exemple, si une personne identifiée comme Mushi, Munyamulenge, Mufulero, Muvira ou quelqu'un originaire d’Uvira adhère au mouvement rebelle, des stéréotypes surgissent aussitôt, affirmant que toute sa tribu collabore avec un groupe armé.
Après que certaines figures bien connues d'Uvira aient intégré un groupe armé, les membres de leurs communautés ne cessent d'être traités des traîtres à travers les réseaux sociaux à Uvira et à Fizi.
Ces généralisations sont non seulement infondées, mais elles attisent la haine, favorisent les divisions et mettent en péril la paix sociale entre communautés vivant ensemble depuis des décennies.
Pour Salomon Mashitaki, expert en paix et résolution pacifique des conflits, cette confusion est dangereuse. « L’adhésion à un mouvement rebelle est une décision individuelle. On ne peut pas engager toute une communauté sur base du choix d’un seul de ses membres », déclare-t-il.
Il appelle la population à éviter les stéréotypes et à privilégier une lecture individuelle des faits pour prévenir les tensions intercommunautaires.
Les leaders d’opinion, les utilisateurs des réseaux sociaux, les journalistes et les acteurs de la société civile sont invités à faire preuve de responsabilité dans leurs messages. La généralisation d’actes isolés nuit à la cohésion sociale et compromet les efforts de paix dans une région déjà marquée par des décennies de violences.
Dans le cadre de la campagne "Vrai ou Faux", il est important de rappeler que les discours haineux, les préjugés et les amalgames n'ont pas leur place dans une société démocratique et solidaire. Le vivre-ensemble ne peut être garanti que par le respect de chaque communauté et la valorisation de la vérité.
Rédaction.
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