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La situation des dépendants de policiers ayant replié à Uvira en provenance des provinces du Nord et Sud-kivu dans l'Est de la République Démocratique du Congo, zones en proie de la guerre, devient de plus en plus difficile. Après l’occupation de Goma et Bukavu par les troupes de l'AFC/M23, plusieurs familles des policiers, autrefois logées dans des camps, ont fui pour rejoindre leurs maris et pères à Uvira. Composées en majorité des femmes et des enfants, ces familles sont, selon Asifiwe Bigomokerho, sans aucune assistance de la part des autorités à tout le niveau alors que leurs maris servaient le Pays sous le drapeau. Dans la concession du Commissariat urbain de la Police Nationale Congolaise (PNC) à Uvira ( Lieu de leur refuge), ces personnes manquent de tout : nourriture, eau potable, soins médicaux et abris décents. La situation est encore plus difficile pour les policiers qui sont originaires de la Province du Nord-Kivu et qui sont sans nouvelles de leurs familles. Ils souhaitent rentrer dans leur province d'origine, mais n'en ont pas les moyens. À 39 ans environ, Asifiwe Bigomokerho épouse d'un policier et mère de trois enfants, a dû rejoindre son mari à Uvira un mois après la chute de la Ville de Bukavu, chef-lieu du Sud-kivu. Selon elle, les familles de policiers et leurs dépendants étaient précipitamment contraints par les nouvelles autorités de Bukavu à quitter le camp. Les unes se sont retrouvées dans les familles d'accueil dans les parages tandis que les autres avaient pris chemin vers Uvira.
« C'est en difficulté que nous étions arrivés à Uvira suivant nos maris qui nous avaient devancé. Nos maris s'étaient réfugiés à Uvira après nous avoir abandonné à Bukavu sans endroit où passer la nuit après la prise de la Ville par l'AFC/M23. Les hommes de l'AFC/M23 nous avaient chassé du camp où nous vivions depuis longtemps vécu. Nous avons été sous-logés par des voisins de bonne foi qui vivaient aux alentours du camp. Après avoir constaté que notre misère et celle de nos enfants devenait de plus en plus insupportable, surtout que nous étions sans aucune assistance, c'est ainsi que nous avions décidé de rejoindre nos maris à Uvira.» a laissé entendre Asifiwe Bigomokerho, épouse d'un policier réfugié à Uvira.
Le sort de Asifiwe comme celui de plusieurs autres familles est incertain : « la situation vitale à Bukavu nous avait obligé de vendre aux enchères tous les biens de nos maisons afin d'obtenir le moyen de transport pour rejoindre nos maris à Uvira. Aussitôt arrivé sur place à Uvira, avoir quoi manger, où dormir moins encore l'accès à l'eau potable est devenu un casse-tête. Nous avons des enfants qui commencent à tomber malade à cause de mauvaises conditions de vie et par manque de soins de santé appropriés.» a ajouté Asifiwe Bigomokerho.
Elle demande par ailleurs à l'État congolais de faciliter la paie de leurs maris présents dans les zones opérationnelles.
« La prime de nos maris, elle aussi peine à sortir. Cela fait maintenant trois mois sans que les policiers se trouvant dans les zones opérationnelles et qui sont nos maris accèdent à leur prime. Nous souffrons dans le vrai sens. Que l'État congolais ait pitié de nous en rendant possible le salaire de nos maris.» a-t-elle chuté.
Près d’elle, une autre femme, plus jeune décrit les conditions dans lesquelles vivent ces familles depuis qu’elles ont quitté la Ville de Bukavu :« nos enfants passent la nuit à la belle étoile sans manger avec tous les risques de tomber malade. Ici, nous n'accédons pas à la nourriture. Pour avoir le minimum à mettre sous la dent, il nous faut vendre nos habits et autres biens de valeur. Nous supplions aux autorités compétentes de faciliter le payement des arriérés de maris pour lesquels nous dépendons.» supplie Hosanna Alice Mushagalusa, épouse d'un policier réfugié à Uvira.
De violents combats entre les Forces Armées de la République Démocratique du Congo et les troupes du mouvement politico-militaire AFC/M23 à Goma et à Bukavu ont fait déplacement massif de milliers de congolais, selon l’ONU.
Par Olivier RAMAZANI Alvin
La rédaction
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