La grogne monte parmi les enseignants de la Province Éducationnelle du Sud-kivu 2. À Uvira et Fizi, deux territoires situés dans la partie Sud du Sud-kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo, le non-paiement des salaires des mois de Février, Mars et Avril crée un climat de tension palpable dans le chef des enseignants. Ces éducateurs, considérés comme "piliers" de l’avenir du Pays, se retrouvent ainsi dans l’incertitude financière alors que, à en croire une lettre d'ultimatum signée le 02 Mai de l'année en cours et adressée au coordonnateur de la Caritas-Uvira, l'intersyndicale des syndicats des enseignants du Sud-kivu 2, affirment avec preuve à l'appui que le gouvernement central a déjà mis à la disposition de cette institution d'appui les fonds destinés au payement desdits enseignants.
Interrogé sur ce retard, monsieur l'abbé Dominique Mulumeoderwa, coordonateur de la Caritas-Uvira, tente de rassurer.
« c'est tout à fait légitime que les enseignants réclament leurs salaires mais je veux leur demander qu'ils puissent passer par des canaux de communication qui sont capables de leur montrer en quoi consiste la réalité qui a causé ce retard. » a indiqué, abbé Dominique Mulumeoderwa, coordonateur de la Caritas-Uvira.
Il justifie ce retard de paiement par la psychose ayant conduit à certaines banques de fermer momentanément leurs portes dans la Ville.
« Pendant cette période-là, il y avaient des réticences au niveau des banques d'ouvrir et il y avait carence d'argent. Il n'y avait pas de contact direct entre nos banques locales et la banque centrale depuis Kinshasa parce-qu'on ne savait pas ce qui pourrait arriver d'un moment à l'autre avec la montée des attaques non seulement avec la prise de GOMA et Bukavu par le groupe rebelle et à côté de nous la prise de Kamanyola. Tout ça a occasionné qu'il y ait une perturbation réelle au niveau de la paie. » affirme-t-il.
Ces enseignants de carrière, réclament cependant les arriérés des mois de Février, Mars et Avril de l'année en cours que, selon ladite lettre, le gouvernement central a déjà mis à la disposition de cette institution de facilitation pour la paie des enseignants. À côté des salaires des enseignants, l'intersyndicale exigent à la caritas le payement sans condition de trois mois d'arriérés de primes de gratuité des enseignants et des frais de fonctionnement des écoles et bureaux gestionnaires d'Uvira et Fizi.
À en croire Jean-Pierre Irenge Batachoka, Secrétaire provincial du syndicat des enseignants de carrière au Sud-kivu, les enseignants d'Uvira et Fizi sont payés par deux banques notamment, la TMB qui se charge de payer plus particulièrement les enseignants de la Ville d'Uvira mais également la caritas IFOD qui facilite la paie des enseignants du territoire de Fizi et ceux de la plaine de la Ruzizi en territoire d'Uvira mais aussi, les enseignants des écoles conciliaires (écoles hors frontière).
« Au niveau de la DINACOPE centrale qui est le service chargé de suivi et paie des enseignants, il y a une application qui nous permet de suivre le cycle de paiement des enseignants. Dans cette application où nous mêmes avons l'accès, chaque fois que les listes de paie quittent le ministère du budget pour celui des finances, nous en sommes au courant et ça nous pouvons suivre dans l'application. Quittant les finances jusqu'à la banque centrale, nous en sommes aussi au courant et quand l'argent est viré dans le compte de chaque banque nous sommes informés. Quand la banque lance la paie, nous sommes également informés. » affirme Jean-Pierre Irenge Batachoka, Secrétaire provincial du syndicat des enseignants de carrière du Sud-kivu.
Pourtant, sur le terrain, l’attente se prolonge, le président porte-parole de l'intersyndicale des enseignants du Sud-kivu 2, fustige par ailleurs le fait qu'à travers l'application mise en place par la DINACOPE centrale, toutes les banques ont déjà lancé la paie des enseignants alors qu'à la Caritas-Uvira l'opération peine à commencer.
Dans une région déjà marquée par l’insécurité et les défis logistiques, ce retard de paiement vient ajouter une pression supplémentaire sur des enseignants qui assurent malgré tout leur mission éducative. Combien de temps encore devront-ils patienter avant de percevoir leur dû ? La réponse à cette question pourrait bien déterminer la stabilité du système éducatif dans cette partie du Sud-kivu.
À côté des salaires des enseignants, l'intersyndicale exigent à la caritas le payement sans condition de trois mois d'arriérés de primes de gratuité des enseignants et des frais de fonctionnement des écoles et bureaux gestionnaires d'Uvira et Fizi.
Dominique Mulumeoderwa , rejette l'affirmation par les enseignants selon laquelle, la Caritas-Uvira détient déjà les salaires des enseignants dans ses comptes.
« À un moment, nous sommes entrés en contact avec les amis à Kinshasa, on demandait à chaque fois. Pas plus tard que le matin de ce mardi 06 Mai, nous sommes encore passés vérifier à la banque TMB, est-ce que l'argent est déjà arrivé chez nous, non. »
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