Uvira : 2ème nuit de sit-in devant les installations de la DPS et de la Zone de Santé d'Uvira, les infirmiers des zones de santé du Sud-kivu, jurent poursuivre leur mouvement jusqu’à ce qu’ils soient remis dans leurs «droits légitimes ».

NewsHomeMagazine 21-Nov-2025 SANTÉ Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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Les infirmiers des zones de santé que compte la Province du Sud-kivu à l'Est de la République Démocratique du Congo, sont en sit-in depuis maintenant deux jours devant les installations de la Direction Provinciale de la Santé du Sud-kivu (DPS-Sud-kivu) et celles de la Zone de Santé d'Uvira. Ce mouvement de sit-in auquel jure le personnel soignant jusqu'à ce que le gouvernement congolais réponde favorablement à leurs revendications a commencé depuis tôt dans la matinée de ce jeudi 20 novembre 2025. Ils sont une centaine d'agents administratifs et infirmiers des différents hôpitaux publics et privés, des centres de santé des territoires et villes d’Uvira, Baraka, Fizi, hauts et moyens plateaux, plaine de la Ruzizi et autres de ce partie du Pays.

Parmi leurs revendications, l'ont peut note :« l'amélioration de leur prime de risque, qui selon eux, reste pendant maintenant des années à 164.000Fc, le payement de leurs arriérés qu'ils estiment à 10 mois impayés pour les uns et 20 mois pour les autres, la mécanisation et alignement des nouvelles unités, la bancarisation,...»

À en croire M. Mapigano Yumbe Moïse, Président syndical des professionnels de santé dans la Province du Sud-kivu, il y a de ces infirmiers qui atteignent 10 ans voire même 20 ans et au-delà sans pour autant être mécanisés. Les autres selon lui, n'ont même pas le numéro matricule tandis que d'autres en ont mais sans accès à leur prime de risque malheureusement.

« Nous demandons au gouvernement congolais de voir comment il peut améliorer notre prime de risque jusqu'à 600.000Fc, somme évaluée à 200$ car, il y a d'autres agents et fonctionnaires de l'État qui reçoivent une prime colossale que la nôtre. Chose qui nous décourage parfois de ne pas s'occuper totalement de nos patients. » a indiqué, Mapigano Yumbe Moïse, Président syndical des professionnels de santé dans la Province du Sud-kivu.

À lui de poursuivre :« Nous avons nos collègues, appelés les "Gelés". Ce sont des infirmiers qui recevaient déjà leurs primes à la banque TMB et Equity Banque mais, depuis le mois de février pour les uns et celui d'avril dernier pour les autres, ces agents ont vu coupé leur prime sans aucune raison. C'est pourquoi, nous demandons au gouvernement congolais à travers le ministre provincial de la santé et la division provinciale de la santé de faire tout leur possible afin que ces deux banques puissent remettre ces infirmiers gelés dans leurs droits. »

S'agissant du listing, Mapigano Yumbe se dit indigné de voir que la majorité des infirmiers ne reçoivent pas leurs primes alors que cette somme d'argent sort chaque mois. Pour confirmer que cet argent ne vient pas du Gouvernement congolais, celui-ci exige l'affichage du listing de tous les infirmiers afin de savoir qui parmi le personnel soignant a droit à cette prime de risque et qui n'en a pas droit. 

Pour ce qui est de la bancarisation, Mapigano dit souhaiter que tous les prestataires de santé qui reçoivent leur prime de risque et salaire d'être bancarisés car, ajoute-t-il, aujourd'hui, si nous continuons d'être escroqués notre argent c'est parce que nous ne sommes pas bancarisés.

« C'est difficile pour celui qui reçoit son salaire à partir de la banque d'être escroqué.» a-t-il renchérit.

De son côté, M. Freddy Mundeba, Vice-coordonnateur chargé des activités au sein de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC) axe Sud du Sud-kivu, une structure citoyenne en appui aux infirmiers grévistes, justifie ce mouvement de sit-in par le fait que malgré les démarches de négociations, plaidoiries et lobbying ayant duré presque 8 mois auprès des autorités provinciales pour répondre favorablement aux désidératas des infirmiers rien n'a été fait.

« Depuis 3 semaines de grève sèche, les malades sont en train de mourir comme des animaux partout ailleurs. Que ça soit au niveau des zones de santé plaine de la Ruzizi, d'Uvira, de Nundu, de hauts et moyens plateaux et dans toute la Province du Sud-kivu où ce mouvement de grève touche, les gens n'accèdent plus aux soins de santé d'autant plus que les infirmiers ont décidé de fermer les structures.» fustige Freddy Mundeba, Vice-coordonnateur de la NSCC axe Sud du Sud-kivu.

En attendant la deuxième nuit sous les intempéries, les infirmiers grévistes ne jurent qu'à une solution positive de la part du gouvernement congolais avant la levée de leur mouvement.

Par Olivier RAMAZANI Alvin 

La rédaction 

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