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La zone de santé d’Uvira, située dans la ville d’Uvira en province du Sud-Kivu, fait face à une recrudescence alarmante des cas de choléra. Cette situation sanitaire préoccupante est principalement liée à l’afflux massif des déplacés internes, aux inondations provoquées par la montée des eaux du lac Tanganyika, à la pénurie d’eau potable et à la précarité des conditions d’hygiène.
Selon les responsables sanitaires, plusieurs cas sont enregistrés aussi bien dans l’Unité de traitement du Choléra (UTC) que dans les Centres de traitement du Choléra (CTC) de la zone de santé d’Uvira.
J’aime Saidi, point focal choléra dans la zone de santé d’Uvira, indique que le nombre de cas a fortement augmenté en 2025, en raison des déplacements de populations venant du nord de la ville.
« C’est vers la fin du mois de février 2025 que nous avons connu un important mouvement de population en provenance de Goma et Bukavu. Vous savez que là où il y a une forte concentration de personnes, l’hygiène devient précaire. Nous avons ainsi enregistré beaucoup de cas de choléra dans la zone de santé d’Uvira. Déjà au mois de décembre, il y avait eu des déplacements venant de la plaine de la Ruzizi et d’autres personnes installées au sud de la ville, notamment dans l'aire de Kalundu CEPAC », explique-t-il.
Il précise que plus de 600 cas et 4 décès avaient été enregistrés en 2024, contre 1 735 cas et 13 décès en 2025, tandis que 25 cas ont déjà été signalés en 2026.
De son côté, Ntakobanjira Marie-Jeanne, membre de la société civile , estime que le grand nombre de déplacés et le manque d’infrastructures sanitaires adéquates dans les familles d’accueil constituent l’une des principales causes de cette épidémie.
« Selon notre constat, la ville d’Uvira est menacée par le choléra. Dans trois ou quatre maisons, il y a toujours des personnes atteintes de diarrhée. Avec les déplacements dus à la guerre, les familles sont surchargées. Des toilettes prévues pour quatre ou cinq personnes sont utilisées par plus de vingt personnes », déplore-t-elle.
Face à cette situation, certaines organisations humanitaires, notamment la Croix-Rouge de la RDC en collaboration avec la zone de santé d’Uvira, intensifient leurs efforts pour lutter contre la propagation de cette maladie hydrique.
Seth Buyonde, président urbain de la Croix-Rouge RDC à Uvira, explique les actions mises en place :
« Dans le cadre de la rupture de la chaîne de transmission de choléra, nous avons déployé des équipes de volontaires formés pour la sensibilisation communautaire. Elles sillonnent les quartiers afin de promouvoir les bonnes pratiques d’hygiène, l’assainissement du milieu et la chloration de l’eau.
Nous avons également installé des équipes de chloration sur les sites identifiés ».Il convient de signaler que plus de 500 cas de choléra, dont 6 décès, ont été enregistrés depuis le début du mois de décembre dernier dans la plaine de la Ruzizi, une zone de santé frontalière à celle d'Uvira.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.
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