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Les habitants de la zone de santé de Ruzizi, située en territoire d’Uvira dans la province du Sud-Kivu, font face à de sérieuses difficultés d’accès aux soins de santé, dans un contexte marqué par une crise sécuritaire persistante et des déplacements massifs de populations.
Selon plusieurs témoignages recueillis par la Rédaction Habari za Mahali, l’accès aux soins médicaux demeure conditionné au paiement préalable avant toute consultation, notamment à l’Hôpital Général de Référence de Ruzizi, basé à Sange. Une situation qui crée un climat de frustration et de tensions entre les soignants et les patients.
« Vraiment, pour le moment, l’accès aux soins est très difficile. Nous sommes des cultivateurs vivant en milieu rural. À cause des perturbations climatiques, nos champs ne produisent plus et nous sommes sans revenus. Pour se faire soigner ou obtenir des médicaments, il faut de l’argent », confie une mère de famille originaire de Luvungi.
Un autre habitant déplore également la fermeture de certains centres de santé et la fuite de personnels soignants, conséquence directe de l’insécurité :
« La population n’accède pas facilement aux soins. Dans ce contexte, c’est très compliqué : certains infirmiers ont fui la guerre, des centres de santé sont fermés et il y a une grave pénurie de médicaments », explique-t-il.
La situation est encore plus préoccupante pour les personnes déplacées internes, ayant fui les violences armées dans plusieurs localités de la zone de santé. À Kiliba, des déplacés venus notamment de Runingu, Sange et Kabunambo dénoncent une discrimination géographique dans l’accès aux soins. « Je viens de Runingu. J’ai fui les bombardements, c’est pourquoi je suis à Kiliba. En ce qui concerne les soins médicaux, nous ne sommes pas bien traités. Il n’y a pas de médicaments et on soigne d’abord les autochtones », témoigne une femme déplacée.
Un autre jeune vivant à Kiliba nuance toutefois :
« Nous sommes bien accueillis dans les hôpitaux, mais il y a une carence grave de médicaments et d’infirmiers dans les centres de santé, alors que le nombre de malades est très élevé ». Une autre déplacée interne exprime son désarroi face à ce qu’elle qualifie de traitement négligent : « Je suis déplacée venue de Sange et actuellement à Kiliba. Je suis très frustrée par le mauvais traitement des malades. Les soignants commencent par soigner les habitants de Kiliba, et nous autres déplacés sommes négligés », déplore-t-elle.
Face à ces accusations, le Médecin Directeur de l’Hôpital Général de Référence de Ruzizi, le Docteur René Kinyungu, reconnaît l’ampleur des défis auxquels fait face la zone de santé. Il affirme que l’hôpital prend en charge un nombre important de patients, dont plusieurs sont atteints de choléra, et précise que la majorité des malades sont des retournés de guerre.
Toutefois, l’établissement fonctionne sans appui extérieur. « L’hôpital n’a actuellement aucun partenaire. Nous faisons face à un afflux important de patients, mais la carence en médicaments nous oblige à prioriser les cas les plus urgents », explique-t-il.
Le médecin lance un appel pressant au gouvernement congolais et aux partenaires humanitaires afin de renforcer l’approvisionnement en médicaments, soutenir le personnel soignant et améliorer les conditions sanitaires dans la zone de santé de Ruzizi. Dans cette région fragilisée par l’insécurité, l’accès aux soins de santé demeure un enjeu humanitaire majeur, nécessitant une réponse urgente et coordonnée pour soulager les populations déjà éprouvées par la guerre et la pauvreté.
La Rédaction Habari za Mahali
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