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Située au sud de la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, la ville d’Uvira est caractérisée par une forte circulation de l’information. Les radios communautaires, les réseaux sociaux, les discussions de quartier et les marchés publics jouent un rôle central dans la diffusion des nouvelles et des messages d’intérêt public. Toutefois, cette dynamique informationnelle s’accompagne d’un phénomène préoccupant : la désinformation. Souvent discrète, parfois invisible, elle constitue une menace majeure pour la paix, la stabilité sociale et la cohésion entre les communautés.
À Uvira, la désinformation se manifeste sous plusieurs formes. Il peut s’agir de rumeurs liées à l’insécurité, de fausses alertes annonçant des affrontements communautaires, de messages manipulés sur les réseaux sociaux ou encore d’informations volontairement déformées transmises par le bouche-à-oreille. Ces contenus non vérifiés exploitent généralement la peur, l’incertitude et les tensions existantes pour se propager rapidement. Me Jacques Muzingwa, responsable du mouvement Conscience de Gandhi, engagé dans la promotion du vivre-ensemble et de la cohésion sociale, souligne que la désinformation fragilise les relations sociales et alimente la méfiance entre citoyens.
Les réseaux sociaux, en particulier WhatsApp et Facebook, jouent un rôle central dans cette diffusion rapide. Lors des activités de renforcement des capacités organisées par L’ONG GROUPE MILIMA avec l’appui de la GIZ QUALIPRO, Cléophas Bumba Kyembwe, responsable du média en ligne La Cloche, spécialisé dans le fact-checking, a mis en évidence le caractère viral des fausses informations. Un message alarmiste partagé sans vérification peut atteindre en quelques minutes des centaines, voire des milliers de personnes, provoquant panique, stigmatisation de certains groupes ou réactions violentes.
La désinformation ne constitue pas un simple problème de communication. Ses conséquences sur la vie sociale à Uvira sont profondes. Elle peut exacerber les tensions communautaires, affaiblir la confiance envers les autorités locales, les leaders communautaires et les médias, et compromettre les efforts de prévention des conflits. Dans un contexte déjà marqué par des défis sécuritaires, économiques et humanitaires, une simple rumeur peut suffire à opposer des voisins, perturber les activités économiques ou remettre en cause les initiatives de paix.
Face à cette menace, GROUPE MILIMA estime que l’éducation aux médias et à l’information apparaît comme une réponse stratégique. Former les citoyens à vérifier les sources, à analyser de manière critique les messages reçus et à identifier les fausses informations permet de réduire leur vulnérabilité à la manipulation. Par ailleurs, la promotion d’une information fiable, accessible et diffusée dans les langues locales, ainsi que la responsabilité individuelle de chaque citoyen à ne pas partager des contenus non vérifiés, constituent des leviers essentiels pour préserver la cohésion sociale et renforcer la paix durable à Uvira.
Article rédigé dans le cadre de la campagne « Stop Intox », mise en œuvre par l’ONG Groupe Milima avec l’appui financier de la GIZ QUALIPRO.
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