Inclusion des personnes vivant avec handicap : un défi persistant dans l’aide humanitaire à Uvira et dans la plaine de la Ruzizi.

NewsHomeMagazine 24-Feb-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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À Uvira et dans la plaine de la Ruzizi, à l’est de la République démocratique du Congo, de nombreuses organisations humanitaires interviennent pour soutenir les populations affectées par les crises sécuritaires et socio-économiques. Cependant, une question essentielle demeure : les personnes vivant avec handicap bénéficient-elles réellement d’une inclusion effective dans les mécanismes d’assistance ?

Sur le terrain, plusieurs témoignages font état d’un sentiment d’exclusion. Une femme vivant avec handicap physique explique que l’aide humanitaire reste irrégulière et peu adaptée à leurs besoins spécifiques.

« L’obstacle que nous rencontrons, nous personnes vivant avec handicap, c’est que nous sommes souvent délaissés. L’aide que nous recevons, nous la prenons avec considération, mais elle n’est pas régulière et ne répond pas à nos besoins. Nous manquons de moyens de déplacement, certains finissent par mendier pour survivre. Nous voulons vivre comme les autres », confie-t-elle.

Elle déplore également les attitudes sociales discriminatoires, allant jusqu’à la dissimulation des personnes handicapées lors de visites officielles ou communautaires.

Pour Mapenzi Manyebwa, acteur de la société civile, la question de l’inclusion dépasse l’assistance matérielle et renvoie à un changement de regard sur le handicap. Selon lui, les campagnes médiatiques et communautaires doivent promouvoir l’idée que les personnes vivant avec handicap disposent de compétences utiles au développement social et économique.

« Vivre avec handicap ne signifie pas être vulnérable. Les personnes concernées peuvent devenir entrepreneurs, dirigeants d’organisations ou acteurs du développement. Nous devons lutter contre la stigmatisation et promouvoir leur autonomisation économique », souligne-t-il.

Il estime que la mendicité tolérée dans certaines localités renforce les stéréotypes au lieu de favoriser l’intégration.

De son côté, le chef des travaux Shukuru Shemitalo Leonard, analyste en sociologie, insiste sur la nécessité d’une approche structurelle. Selon lui, l’inclusion doit passer par :

l’accessibilité des bâtiments publics, écoles et lieux de culte, la participation active des personnes vivant avec handicap dans les projets humanitaires, l’intégration systématique de la thématique du handicap dans les politiques publiques

« La société doit laisser la porte ouverte aux personnes vivant avec handicap et adapter ses infrastructures, notamment par la construction de rampes d’accès, l’installation d’ascenseurs et de signalétiques en braille, l’aménagement de sanitaires adaptés, l’amélioration de l’accessibilité des transports publics et la mise en place d’espaces sans obstacles, afin de garantir leur participation équitable », explique-t-il.

Au-delà de l’assistance ponctuelle, plusieurs acteurs locaux plaident pour une approche durable basée sur : l’autonomisation économique, la formation professionnelle, la participation aux instances communautaires et la reconnaissance des compétences. L’inclusion effective des personnes vivant avec handicap apparaît ainsi non seulement comme une exigence humanitaire, mais aussi comme un levier essentiel pour renforcer la cohésion sociale et la paix durable dans la région.

Article réalisé dans le cadre de la campagne HABARI ZA MAHALI, mise en œuvre par le consortium UNPC – UFMP – COMEL avec l’appui financier de Labenevolenciya.

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