Déplacés internes à Uvira: Briser le cycle de la désinformation et bâtir une cohésion sociale

NewsHomeMagazine 06-Mar-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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À Uvira, dans la province du Sud-Kivu (République démocratique du Congo), des milliers de familles déplacées internes vivent dans un contexte de tensions communautaires, de précarité matérielle et de circulation rapide de fausses informations. L’arrivée ou le transit de populations en quête de sécurité et de moyens de subsistance est trop souvent accompagné d’un climat de méfiance, nourri par des rumeurs, des discours xénophobes et des perceptions erronées des réalités humanitaires.

Alors que ces déplacés internes s’efforcent de reconstruire leur vie, ils se trouvent confrontés à un défi majeur : le fléau de la désinformation, qui affecte non seulement leur sécurité, mais aussi leur accès aux services essentiels, leur dignité et la cohésion sociale dans les communautés d’accueil. Des rumeurs selon lesquelles des centres de santé « favorisent uniquement les nouveaux arrivants » ou « infecteraient les populations locales » ont fait le tour des quartiers. Ces récits erronés ont dissuadé certains déplacés de chercher des soins préventifs, comme la vaccination ou le traitement antipaludique, par peur d’être stigmatisés ou rejetés.

Conséquence : une baisse de fréquentation des structures de santé et une augmentation des risques sanitaires pour toute la communauté.

Dans certaines écoles, des enseignants ont reçu des messages non vérifiés affirmant que « les enfants déplacés volent les objets classiques des enfants locaux ». Ces allégations ont généré des tensions entre parents et difficultés pour intégrer les enfants déplacés dans les classes, malgré leur droit fondamental à l’éducation. Des conflits ponctuels en milieu scolaire ont émergé, détournant l’attention des efforts pédagogiques. Les fausses informations au sujet de l’octroi de terrains ou de logements temporaires ont aussi alimenté des violences verbales, voire physiques, entre communautés. Des allégations selon lesquelles les déplacés « accapareraient des parcelles réservées aux locaux » ont déclenché des protestations et une méfiance généralisée dans certains coins de la ville d’Uvira. 

Face à ce cycle dangereux, les leaders communautaires, qu’ils soient chefs coutumiers, responsables religieux, enseignants, animateurs de radios locales ou représentants d’organisations civiles peuvent jouer un rôle important. Les leaders peuvent organiser des dialogues communautaires réguliers pour vérifier les faits, déconstruire les rumeurs et diffuser des informations fiables sur les services disponibles, les droits des déplacés et les opportunités d’inclusion. En prenant publiquement position contre les discours haineux par des sermons, des émissions radiophoniques ou des réunions de quartiers ces leaders contribuent à réduire les préjugés et à promouvoir une culture de respect mutuel.

Article rédigé dans le cadre de la campagne Stop Intox, exécutée par l'ONG Groupe Milima, dans son propre intitulé ' Appui au renforcement de la cohésion sociale, inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés, à travers la lutte contre les discours de haine et la désinformation avec l'appui financier de la GIZ QUALIPRO.

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