Uvira: face aux discours de haine et à la discrimination, une lutte pour la dignité des travailleurs domestiques

NewsHomeMagazine 06-Mar-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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Uvira, SudKivu- Dans cette ville dynamique située au sud de la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo, la coexistence de différentes communautés est souvent mise à l’épreuve par des tensions sociales, économiques et politiques. Si des efforts sont menés pour condamner les discours de haine, ils doivent aussi s’étendre à des groupes souvent marginalisés et invisibles: parmi eux, les travailleurs domestiques, qui subissent discrimination, stigmatisation et marginalisation socioéconomique.

Ces personnes qui travaillent dans les foyers comme domestiques souvent des femmes jeunes ou migrantes mais aussi des jeunes garçons mineurs occupent une position précaire dans la société d’Uvira. Parfois leurs salaires confisqués par leurs employeurs et quand les victimes tentent de réclamer, elles sont victimes de discours de haine et sont taxées des actes de vol. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), les travailleurs domestiques sont l’un des groupes les plus exposés à l’exploitation, à la violence, au harcèlement et à la discrimination, notamment en raison de l’absence fréquente de protections juridiques, de contrats écrits et d’un statut clair dans la législation du travail. 

Cette vulnérabilité est aggravée par certains discours sociaux qui dévalorisent le travail domestique, le présentant comme un service plutôt qu’un travail avec droits et dignité. Sans reconnaissance légale ou sociale, ces travailleurs peuvent être exposés à des abus sans recours efficace, renforçant les stigmates et les préjugés à leur égard. Sur la scène internationale, les Nations unies et les organismes de défense des droits humains s’efforcent de lutter contre les discours de haine, l’intolérance et la discrimination à l’encontre des groupes vulnérables, y compris les travailleurs migrants et domestiques. Dans ce cadre, plusieurs recommandations appellent les États à renforcer les mesures juridiques et les pratiques sociales pour protéger ces travailleurs contre l’abus, le harcèlement et l’exclusion. 

À Uvira, une mobilisation ciblée envers les travailleurs domestiques par le biais de formations professionnelles, d’éducation sur la lutte contre les discours de haine, la défense de leurs droits et d’initiatives d’autonomisation économique peut contribuer à réduire les stéréotypes négatifs. La lutte contre les discours de haine et la discrimination à Uvira ne peut se limiter à la condamnation des messages haineux sur les réseaux sociaux. Elle doit également s’attaquer aux racines socioéconomiques de l’exclusion des travailleurs domestiques en promouvant : une législation du travail inclusive qui reconnaît et protège les travailleurs domestiques, des campagnes de sensibilisation visant à transformer les perceptions sociales et à déconstruire les préjugés ainsi qu’un dialogue communautaire continu favorisant la tolérance et la coexistence pacifique.

Article rédigé dans le cadre de la campagne Stop Intox, exécutée par l'ONG Groupe Milima, dans son propre intitulé ' Appui au renforcement de la cohésion sociale, inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés, à travers la lutte contre les discours de haine et la désinformation avec l'appui financier de la GIZ QUALIPRO.

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