Sud-Kivu : à Kalungwe, tensions autour de l’aide humanitaire, chefs et habitants appelés à revoir les règles du jeu

NewsHomeMagazine 01-May-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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Dans l’est de la République démocratique du Congo, les distributions d’aide humanitaire, censées soulager des populations fragilisées par les conflits, deviennent parfois une source de divisions. C’est le constat dressé ce 1er mai 2026 dans le village de Kabimba, groupement de Kalungwe, en chefferie de Bavira, lors d’un dialogue intercommunautaire organisé par l’ONG Search for Common Ground dans le cadre de son projet « Tukutane Tena ».

Autour de la table, chefs de villages et habitants, réunis pour tenter d’apaiser des tensions croissantes. En cause, la gestion des aides humanitaires destinées notamment aux déplacés de guerre et autres personnes vulnérables.

 Plusieurs villageois accusent leurs autorités locales de manipuler les listes d’enregistrement lors des distributions, au détriment de certains bénéficiaires jugés pourtant éligibles.

Face à ces accusations, les chefs coutumiers rejettent en partie la responsabilité.

 Ils dénoncent un manque de coordination avec les organisations humanitaires, qui, selon eux, interviennent parfois sans concertation préalable. 

« Nous sommes souvent informés à la dernière minute », expliquent-ils, estimant être mis devant le fait accompli par des équipes déjà constituées. Une situation qui, selon eux, alimente les incompréhensions et les soupçons au sein des communautés.

Au cœur des échanges, la question des critères de sélection des bénéficiaires. 

Joséphine Mungubi, facilitatrice du dialogue, a appelé les différentes parties à recentrer les discussions sur la vulnérabilité réelle des personnes ciblées. Elle a également insisté sur la possibilité de renforcer la cohésion sociale, invitant chacun; autorités comme habitants à faire preuve d’empathie et de responsabilité.

Malgré les divergences, un consensus semble émerger : celui de préserver le vivre-ensemble. 

Tous reconnaissent que l’aide humanitaire ne doit pas devenir un facteur de division, mais plutôt un levier de solidarité. Les habitants demandent davantage de transparence et de sensibilisation sur les critères d’éligibilité, afin d’éviter frustrations et malentendus. 

Les chefs, de leur côté, plaident pour une collaboration plus étroite avec les ONG, dans le respect des structures locales et des procédures hiérarchiques.

Pour tenter de prévenir de nouvelles tensions, une commission mixte de six personnes a été mise en place. 

Elle sera chargée de vulgariser les principes humanitaires, de suivre les processus de distribution et de servir de relais entre populations, autorités locales et organisations.

La rédaction 

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