Uvira : l’assistance par transfert monétaire, une réponse efficace aux besoins des populations vulnérables

NewsHomeMagazine 04-May-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

553873vue(s)

À Uvira, dans la province du Sud-Kivu, l’assistance par transfert monétaire s’impose progressivement comme une alternative crédible dans la réponse humanitaire. Dans un contexte marqué par des crises sécuritaires et humanitaires récurrentes, cette approche gagne en popularité auprès des communautés locales, notamment les personnes déplacées, tout en soulevant certaines interrogations quant à sa mise en œuvre.

Sur le terrain, diverses formes d’aide sont déployées par les organisations humanitaires pour soutenir les populations affectées. Cependant, pour de nombreux bénéficiaires, le transfert monétaire en particulier via le mobile money apparaît comme une solution plus adaptée à leurs réalités quotidiennes.

Le coordonnateur du mouvement citoyen Machozi ya Raïa (MCMR), Emmanuel Abedi, met en avant les avantages de cette approche :

« Par rapport à d’autres assistances, le transfert monétaire permet la restauration rapide de la dignité et du bien-être des victimes. »

Selon lui, cette forme d’aide offre aux bénéficiaires une plus grande autonomie en leur permettant de définir eux-mêmes leurs priorités.

« Cela peut soulager certaines dettes, faciliter l’accès aux soins de santé, aux frais scolaires, ainsi qu’ à l’achat des biens alimentaires et non alimentaires », explique-t-il.

Toutefois, il déplore une baisse récente de ce type d’intervention :

« À un certain moment, des organisations comme le PAM ou la Croix-Rouge réalisaient des transferts monétaires. Aujourd’hui, cela se fait de moins en moins, alors que cela pourrait encore contribuer à restaurer la dignité humaine. »

Pour lui, contrairement aux distributions classiques, le transfert monétaire offre une flexibilité essentielle :

« Chacun peut acheter ce dont il a réellement besoin, sans contrainte. »

De son côté, Mapenzi Manyebwa, acteur humanitaire, reconnaît également les bénéfices de cette approche, tout en appelant à davantage de rigueur dans sa mise en œuvre. Il insiste sur la nécessité de renforcer les mécanismes de suivi et de contrôle :

« L’assistance en argent via mobile money est très utile, mais elle nécessite des mécanismes solides pour garantir la transparence et l’efficacité de cette aide. »

Selon lui, ces dispositifs sont indispensables pour s’assurer que les fonds atteignent effectivement les bénéficiaires ciblés et répondent aux objectifs fixés.

Malgré ses nombreux atouts, le transfert monétaire n’est pas exempt de défis. Les questions liées au suivi, à la transparence et à la gestion des risques restent au cœur des préoccupations des acteurs humanitaires.

À Uvira, cette approche apparaît néanmoins comme un levier important pour renforcer l’autonomie des populations vulnérables et améliorer l’efficacité de l’aide. Sa réussite dépendra en grande partie de la capacité des organisations à mettre en place des systèmes fiables, transparents et adaptés aux réalités locales.

Dans un contexte où les besoins humanitaires demeurent élevés, plusieurs voix plaident pour la relance et le renforcement des programmes de transfert monétaire. Une telle dynamique pourrait non seulement améliorer les conditions de vie des populations affectées, mais aussi contribuer à restaurer durablement leur dignité et leur autonomie.

Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI financé par la Benevolencija et exécuté par le Consortium UNPC, COMEL et UFMP.

Article similaire

Poste populaire