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Dans la ville et le territoire d’Uvira, au Sud-Kivu, le chômage des jeunes s’impose comme l’un des défis majeurs qui fragilisent à la fois le tissu social, la sécurité et les conditions humanitaires. Entre manque d’opportunités, pauvreté persistante et instabilité sécuritaire, une jeunesse désœuvrée devient un facteur aggravant d’une crise déjà complexe.
Les jeunes d’Uvira évoluent dans un contexte marqué par un déficit criant d’emplois. L’accès à un travail rémunéré reste limité, et nombreux sont ceux qui peinent à trouver un emploi correspondant à leur formation.
Dans cette partie de la province du Sud-Kivu, la question de l’emploi des jeunes dépasse largement le cadre économique. Elle devient un enjeu central de paix, de cohésion sociale et même de survie pour des milliers de familles. Offrir des perspectives d’emploi à cette jeunesse revient non seulement à garantir leur avenir, mais aussi à stabiliser durablement une région déjà fragilisée par des crises à répétition.
Pour Tumaini Robert Mayani, jeune entrepreneur basé à Uvira, la solution passe en grande partie par un changement de mentalité. Il insiste sur l’importance de développer un esprit entrepreneurial et de rompre avec la dépendance à l’emploi salarié.
« Notre société a beaucoup de problèmes et c’est à la jeunesse d’apporter des solutions. Il ne faut pas toujours attendre d’être embauché, mais plutôt chercher à devenir utile à la société », affirme-t-il.
Selon lui, les jeunes diplômés doivent se positionner comme des créateurs d’opportunités plutôt que comme de simples demandeurs d’emploi.
De son côté, Fadhili Patient, inspecteur du travail à l’Office National de l’Emploi, estime que près de 80 % des jeunes d’Uvira sont sans emploi. Il attribue cette situation à plusieurs facteurs, notamment le manque d’expérience exigé par les employeurs et certaines attitudes au sein même de la jeunesse.
« Les causes du chômage sont nombreuses, notamment la négligence de certains jeunes, mais aussi les conditions strictes d’embauche qui exigent une expérience que beaucoup n’ont pas encore », explique-t-il.
Ce paradoxe – demander de l’expérience à des jeunes fraîchement diplômés – constitue un frein majeur à leur insertion professionnelle.
Au-delà de ses implications économiques, le chômage des jeunes constitue un facteur de risque sécuritaire. Une jeunesse désœuvrée est plus vulnérable à la manipulation, à la délinquance ou à l’intégration dans des groupes armés, particulièrement dans une région marquée par l’instabilité.
Ainsi, lutter contre le chômage des jeunes à Uvira revient aussi à prévenir les conflits, renforcer la cohésion sociale et améliorer les conditions humanitaires.
Face à cette situation, plusieurs pistes peuvent être envisagées :
Encourager l’entrepreneuriat des jeunes à travers des formations et un accès au financement ;
Adapter les programmes éducatifs aux réalités du marché de l’emploi ;
Réduire les exigences d’expérience pour les jeunes diplômés ;
Renforcer les politiques publiques en faveur de l’emploi des jeunes.
Le chômage des jeunes à Uvira n’est pas seulement une question économique : il est au cœur des enjeux humanitaires et sécuritaires de la région. Investir dans la jeunesse apparaît dès lors comme une priorité stratégique pour construire une paix durable et un développement inclusif.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
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