Uvira : le manque d’articles ménagers, une crise silencieuse qui fragilise dignité et santé des déplacés

NewsHomeMagazine 05-May-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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Dans la ville et le territoire d’Uvira, à l’est de la République démocratique du Congo, une crise humanitaire moins visible mais profondément déstabilisante touche les populations vulnérables : le manque d’accès aux articles ménagers de base. Pour des milliers de familles, notamment les déplacés de guerre, l’absence d’ustensiles essentiels comme les casseroles, les assiettes ou encore les savons compromet non seulement leur quotidien, mais aussi leur dignité et leur santé. Ce mercredi 15 avril, lors d’un échange avec des femmes déplacées vivant à Kiliba dans la cité de Kagando, les témoignages recueillis traduisent une souffrance palpable. Originaires en majorité de Runingu dans la plaine de la Ruzizi suite à l’insécurité, ces femmes décrivent une vie marquée par la précarité extrême. « Nous n’avons pas de casseroles pour cuisiner. Les habitants refusent parfois de nous en prêter. Cela nous fait mal et nous humilie », confie l’une d’elles. Au-delà de la difficulté matérielle, ces situations engendrent des tensions sociales et un sentiment d’exclusion. Certaines déplacées affirment se sentir rejetées, voire méprisées, par des familles d’accueil déjà elles-mêmes fragilisées par des conditions de vie difficiles.

Pourtant, des initiatives d’identification des déplacés ont été menées dans la cité de Kiliba. Mais selon plusieurs sources locales, aucune assistance concrète n’a encore été fournie à ces populations, laissant persister un sentiment d’abandon.Pour Madame Neema Mutambo, coordinatrice de l’organisation Femme en Action pour le Développement Intégral (FADI), l’accès aux articles ménagers est loin d’être un luxe. « C’est une nécessité vitale pour protéger la santé, prévenir les maladies et préserver la dignité humaine », souligne-t-elle. Dans des quartiers comme Kavimvira à Kilomoni, de nombreuses familles vivent sans assiettes, marmites, bidons, cuillères ni même du savon.

Cette carence a des conséquences sanitaires directes. 

L’absence de matériel de base et de produits d’hygiène favorise la propagation de maladies liées au manque de propreté, aggravant davantage la vulnérabilité des déplacés. Dans cette situation, les besoins prioritaires sont notamment la distribution de kits essentiels comprenant des ustensiles de cuisine, des contenants pour l’eau et des produits d’hygiène, la scolarisation des enfants et la prise en charge médicale. Mais au-delà de ça, les acteurs humanitaires sont appelés à adopter une approche intégrée. Cela inclut également la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène et le renforcement de la cohésion sociale entre communautés hôtes et déplacées. Monsieur Bwija Kelvin, coordinateur de la société civile des compatriotes congolais plaide pour une assistance holistique. Selon lui, répondre efficacement aux besoins des populations affectées implique de combiner aide d’urgence, accompagnement psychosocial et stratégies de résilience à long terme.

Article rédigé dans le cadre du projet « Habari za Mahali », financé par Benevolencija et mis en œuvre à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.

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