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À Uvira et dans plusieurs localités du Sud-Kivu, la reprise effective des cours pour de nombreux élèves retournés reste un défi majeur. Après plusieurs mois passés dans des sites de déplacés ou en refuge, notamment au Burundi, ces enfants retrouvent difficilement le chemin de l’école. Entre traumatismes psychologiques, précarité économique et insécurité alimentaire, beaucoup risquent de voir leur année scolaire compromise, voire annulée.
Depuis le retour progressif de plusieurs familles, amorcé notamment le 23 avril dernier, les réalités sur le terrain demeurent préoccupantes. Les élèves, en particulier ceux des classes terminales, font face à une pression accrue à l’approche des examens d’État. Pourtant, leur capacité de concentration et d’apprentissage est fortement affectée par les expériences traumatisantes vécues.Pour Monsieur Faizi Muyenga Théophile, psychologue et conseiller d’orientation, la situation nécessite une réponse urgente et structurée. Selon lui, les enfants ont traversé des épreuves difficiles, tant lors de leur fuite que durant leur séjour en exil. Ces expériences laissent des séquelles profondes, souvent invisibles mais bien réelles : troubles de mémoire, anxiété, difficultés de concentration, voire désengagement scolaire.
Il plaide ainsi pour la mise en place d’un dispositif d’accompagnement psychologique adapté. « Il est essentiel que les autorités et les organisations humanitaires mobilisent des équipes mixtes composées de psychologues, psychiatres et pédagogues pour encadrer ces élèves », explique-t-il. Une telle approche permettrait non seulement de traiter les traumatismes, mais aussi de redonner aux élèves la confiance nécessaire pour affronter les examens.Au-delà de l’aspect psychologique, les difficultés économiques constituent un frein majeur à la reprise scolaire. De nombreuses familles retournées ont perdu leurs biens et peinent à subvenir aux besoins essentiels. Dans ce contexte, scolariser un enfant devient un luxe. Les fournitures scolaires manquent, et pour beaucoup d’élèves, suivre les cours le ventre vide est devenu une réalité quotidienne.Face à cette urgence, Monsieur Malumbi Washikala Pascal sous Proved Uvira 1 appelle es organisations humanitaires à intervenir rapidement en fournissant des kits scolaires aux élèves démunis. Une aide qui pourrait faire la différence à quelques semaines des épreuves certificatives.
Toutefois, certains acteurs éducatifs se veulent plus optimistes. C’est le cas de Jean-Pierre Irenge Batachoka, enseignant et porte-parole de l’intersyndicale des enseignants de l’EPST Sud-Kivu II. Pour lui, malgré les difficultés, le retour à l’école reste possible si les parents jouent leur rôle en réinscrivant rapidement leurs enfants.Il souligne également la capacité des écoles à organiser des séances de rattrapage et de remise à niveau. « Les établissements scolaires peuvent mettre en place des mécanismes d’urgence pour aider les élèves à combler leur retard », affirme-t-il. Néanmoins, les défis structurels persistent. Certaines écoles ont été endommagées ou manquent de ressources essentielles : bancs, matériels didactiques, voire enseignants, eux-mêmes affectés par les déplacements.
Article rédigé dans le cadre du projet HABARI ZA MAHALI, financé par la Benevolencija et exécuté à Uvira par le consortium UNPC, COMEL-RDC et UFMP.
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