Katogota : 26 ans après le massacre, les familles des victimes brisent le silence et réclament mémoire, justice et des garanties de non-répétition.

NewsHomeMagazine 14-May-2026 Sécurité Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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Vingt-six ans après le massacre de Katogota, dans le territoire d’Uvira au Sud-Kivu, les familles des victimes et les survivants continuent de réclamer vérité, justice et réparation. Lors d’une cérémonie de commémoration organisée jeudi 14 Mai à Uvira, les représentants des victimes ont surtout insisté sur la nécessité d’obtenir des garanties de non-répétition afin d’éviter qu’un tel drame ne se reproduise dans l’est de la RDC.

La journée de mémoire a débuté par une messe de requiem célébrée à la Cathédrale Saint-Paul d’Uvira avant de se poursuivre par des hommages et des témoignages empreints d’émotion. Organisée par le Fonds national des réparations des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité et l’Association des victimes du massacre de Katogota, la cérémonie visait à rappeler le droit des victimes à la justice et à la réparation.

Prenant la parole au nom des familles endeuillées, Raymond Matuta a dénoncé plus de deux décennies d’impunité. « Nous sommes ici sans haine. Nous sommes ici avec nos larmes mais aussi avec notre dignité », a-t-il déclaré devant les autorités provinciales et plusieurs habitants venus se recueillir.

Le représentant des victimes a formulé quatre principales revendications : la manifestation de la vérité sur le massacre, la justice pour les auteurs, des réparations pour les survivants ainsi que des garanties de non-répétition. « Commémorer n’a de sens que si “plus jamais ça” devient une réalité », a-t-il insisté.

Évoquant les 375 personnes tuées lors des événements du 14 mai 2000, Raymond Matuta a également rendu hommage aux disparus. « Vos noms seront prononcés tant qu’un seul rescapé de Katogota respirera », a-t-il affirmé, sous les applaudissements et les larmes de plusieurs participants.

Présent à cette cérémonie, le vice-gouverneur et gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano, a reconnu la nécessité de rétablir la vérité et la justice. Selon lui, aucune réparation ne peut être envisagée sans reconnaissance des souffrances subies par les victimes.

L’autorité provinciale a également assuré que le gouvernement congolais travaillait à empêcher la répétition de telles violences dans l’est du pays. Il a salué les efforts diplomatiques du président Félix Tshisekedi ainsi que l’action des Forces armées de la RDC pour restaurer durablement la sécurité dans la région.

Jean-Jacques Elakano a par ailleurs appelé les jeunes à intégrer massivement l’armée congolaise, estimant qu’une armée forte constitue l’une des principales garanties contre le retour des violences armées dans l’est du pays.

Pour les survivants de Katogota, cette commémoration reste avant tout un devoir de mémoire. Mais elle constitue aussi un rappel adressé aux autorités congolaises : celui de transformer les promesses de justice et de paix en actes concrets pour les victimes et les communautés meurtries du Sud-Kivu.

Par Olivier RAMAZANI Alvin 

La rédaction 

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