Uvira: combattre les préjugés et discours de haine contre les étrangers  

NewsHomeMagazine 06-Mar-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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À Uvira, les discours hostiles envers les étrangers qui y habitent se multiplient. Qu’il s’agisse de commentaires sur les marchés, de publications virales sur les réseaux sociaux ou de rumeurs circulant de bouche à oreille, certains messages construisent des murs invisibles entre les communautés. Ces discours souvent basés sur des idées reçues ou des généralisations ne reflètent pas la réalité du quotidien et alimentent l’exclusion, la méfiance et parfois même des tensions sociales. Il n’est pas rare d’entendre que « les étrangers prennent nos emplois », « ne paient pas leurs impôts », ou encore qu’ils seraient responsables de l’insécurité ou de la cherté de la vie à Uvira. 

Ces propos, bien que répandus, oublient un aspect fondamental : les étrangers sont avant tout des voisins, des commerçants ou des amis. Leur présence ne diminue pas la valeur de la communauté locale, mais participe à sa diversité culturelle et économique.

Selon les observations des acteurs de la société civile d’Uvira, la grande majorité des étrangers résidant à Uvira sont impliqués dans des activités économiques formelles ou informelles qui enrichissent le tissu commercial de la ville. « Quand je suis arrivé à Uvira, je ne connaissais personnrce. Aujourd’hui, certains de mes meilleurs clients sont des voisins d’ici. Nous partageons des repas, des histoires, des rires », témoigne Rashidi Manirambona, commerçant originaire burundaise.

« J’ai choisi Uvira parce que j’y ai trouvé une communauté ouverte. Bien sûr, j’ai entendu des critiques, mais j’ai aussi rencontré des personnes qui m’ont tendu la main» raconte Armand Arakaza, Motard burundais vivant à Uvira. Ces témoignages simples et sincères contredisent les clichés souvent véhiculés. Ils rappellent que derrière chaque « étranger » il y a une histoire, un parcours, un cœur qui se bat pour l’avenir.

Pour dépasser les préjugés et renforcer le vivre ensemble, certains acteurs de la société civile d’Uvira précisent qu’il est essentiel d’agir à plusieurs niveaux. Selon eux, les autorités locales doivent adopter des politiques publiques qui protègent les droits de toutes les personnes vivant à Uvira, favorisent l’accès aux services. Ils recommandent aux médias et réseaux sociaux de promouvoir des messages responsables, basés sur des faits, et lutter contre la désinformation. Chaque journaliste, animateur, et créateur de contenu peut influencer positivement l’opinion publique. En combattant les préjugés, en valorisant les faits, en donnant la parole à celles et ceux qui vivent ensemble chaque jour, Uvira peut devenir un exemple fort de coexistence pacifique et de richesse partagée.

Article rédigé dans le cadre de la campagne Stop Intox, exécutée par l'ONG Groupe Milima, dans son propre intitulé ' Appui au renforcement de la cohésion sociale, inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés, à travers la lutte contre les discours de haine et la désinformation avec l'appui financier de la GIZ QUALIPRO.

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