NEWS HOME MAGAZINE
Au Sud-Kivu dans l'Est de la République démocratique du Congo, la crise politique entre l’Assemblée provinciale et l’exécutif s’intensifie. Dans une déclaration politique rendue publique ce mardi 28 avril, les élus provinciaux à l’origine de la motion de censure contre le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki et son gouvernement ainsi que d'autres acquis à cette cause, durcissent le ton. Ils appellent le chef de l’exécutif provincial à « faire preuve de sagesse » en présentant sa démission au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi.
Dans ce document, les 21 députés signataires justifient leur démarche par ce qu’ils qualifient de « défaillances graves dans la gestion de la Province », évoquant notamment des insuffisances dans la gouvernance sécuritaire, sociale et économique. Selon eux, la situation actuelle du Sud-Kivu exige « un sursaut de responsabilité » pour éviter une paralysie des institutions provinciales.
Les élus provinciaux affirment par ailleurs inscrire leur action dans le respect de la loi et de règlement d'ordre intérieur de l'assemblée provinciale. Ils réitèrent leur « indéfectible soutien » au président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, saluant ses efforts pour la stabilisation du Pays, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo, en proie à une insécurité persistante.
« En notre qualité d'élus du peuple, unis comme un seul homme, condamnons avec fermeté les manœuvres dilatoires de l'exécutif provincial, visant à étouffer la démarche démocratique, parlementaire et légale initiée pour la cause de la population du Sud-kivu. », peut-on lire dans cette déclaration. Les signataires de ladite déclaration, ajoutent que leur procédure introduite étant normale et légale, ils rappellent à l'opinion publique que l'invitation des membres du bureau de l'organe délibérant du Sud-kivu et du Gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki à Kinshasa, n'annule pas la démarche parlementaire déjà engagée et qui ne peut se terminer qu'avec un débat suivi du vote en plénière. « D'où la motion demeure au regard de la loi et de règlements d'ordre intérieur. » peut-on lire dans la suite.
Dans ce climat tendu, les députés exhortent Jean-Jacques Purusi Sadiki à « tirer les conséquences politiques de la situation » en déposant sa démission auprès du chef de l’État, afin, disent-ils, de « préserver la stabilité institutionnelle et l’intérêt supérieur de la population du Sud-Kivu ».
De son côté, le gouverneur n’a pas encore réagi officiellement à cette déclaration. La suite de cette crise politique pourrait dépendre des rapports de force au sein de l’Assemblée provinciale ainsi que de la position que prendra le pouvoir central dans ce dossier sensible.
Cette nouvelle escalade intervient alors que la province du Sud-Kivu fait face à de nombreux défis, notamment sécuritaires et humanitaires, nécessitant une coordination étroite entre les différentes institutions.
Par Olivier RAMAZANI Alvin
La rédaction
553868vue(s)