*Quand les rumeurs déstabilisent l’esprit : l’impact psychologique au Sud-Kivu* 

NewsHomeMagazine 03-Jun-2025 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

504085vue(s)

Depuis l’aggravation de la situation sécuritaire au Sud-Kivu, la diffusion massive de fausses informations, principalement via les réseaux sociaux et le bouche-à-oreille, cause une profonde détresse chez les populations civiles. Ces fausses nouvelles incitent à la peur et poussent parfois au déplacement forcé dès que des tirs d’armes se font entendre.

Un habitant d’Uvira témoigne : « _Quand j’entends des tirs, je me sens terré, incapable de faire face seul. La peur m’envahit au point de me faire trembler et chercher refuge. Cela empire quand les réseaux sociaux annoncent que des rebelles ont pris contrôle d’un quartier proche._ » Ce témoignage illustre le climat anxiogène créé par ces intoxications.

Selon le psychologue MASEMO MOBA Antoine, ces rumeurs engendrent une forte anxiété collective et individuelle, un stress constant et une peur envahissante, qui dégradent la santé mentale. Il précise que la peur permanente se traduit par un stress accru, une montée de l’angoisse, voire une dépression. Cela fragilise l’estime de soi et détruit la confiance dans les institutions censées protéger la population, accentuant le sentiment d’insécurité et la méfiance interpersonnelle. Il souligne aussi que certaines personnes développent des pensées suicidaires face à cette pression psychologique.

Pour contrer ces effets, MASEMO MOBA recommande la diffusion d’informations fiables via des sources vérifiées, afin d’éviter que chaque individu ne relaie des rumeurs non fondées. 

« Il faut que les médias deviennent la source des informations provenant des sources fiables. Parce que dans le contexte dans lequel nous vivons aujourd'hui, à Uvira et dans la partie Est de la RDC, tous les yeux sont braqués sur les réseaux sociaux, alors que ce sont en majorité de fausses informations. C'est le rôle de nos médias qui doivent favoriser la diffusion d'une information de qualité provenant des sources fiables. Il ne fallait pas que chaque personne devienne une source d'information », propose le psychologue MASEMO. 

Il invite également la population à s’adresser directement aux autorités compétentes pour obtenir des réponses précises et encourage le renforcement de la résilience communautaire et un changement d’attitude critique face aux informations reçues, soulignant que vérifier une information aide à préserver la santé mentale et à maintenir la confiance en soi.

Article rédigé dans le cadre de la campagne Vrai ou Faux exécutée par la Corporation des Médias en Ligne d’Uvira, Fizi et Mwenga et la Synergie des Médias pour l'Union des Forces " SYMUF".

Rédaction.

Article similaire

Poste populaire