Uvira: lutte contre la stigmatisation et les rumeurs contre les personnes vivant avec handicap

NewsHomeMagazine 06-Mar-2026 Société Partager sur: Facebook whatsApp Twitter

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 Dans plusieurs quartiers d’Uvira, des croyances persistantes associent encore le handicap à des malédictions, à la sorcellerie ou à une punition divine. Ces mythes, transmis de génération en génération, renforcent des attitudes discriminatoires. « On m’a déjà dit que mon handicap était le résultat d’un mauvais sort jeté à ma famille », témoigne une jeune femme vivant avec un handicap. Celle-ci précise que ces paroles blessent plus que les obstacles physiques. 

Les discours de haine, qu’ils soient exprimés publiquement ou relayés sur les réseaux sociaux, créent un climat où les personnes concernées se sentent indésirables, voire invisibles. À long terme, cela limite leur accès à l’éducation, à l’emploi et à la participation citoyenne. Le handicap n’est ni une malédiction ni une fatalité sociale. Selon Organisation mondiale de la Santé, le handicap résulte de l’interaction entre des limitations fonctionnelles et des barrières environnementales. Autrement dit, ce sont souvent les obstacles physiques, sociaux et culturels qui créent l’exclusion pas la condition en elle-même.

Jean Claude Luhayo, commerçant local malvoyant, explique : « le plus difficile n’est pas mon handicap, mais le regard des autres. Quand une rumeur circule disant que les personnes handicapées ne peuvent pas travailler efficacement, cela affecte directement mes affaires. Ces témoignages rappellent que la désinformation a des conséquences concrètes. Entre autres la perte de confiance, isolement social, opportunités professionnelles réduites. Pourtant, de nombreuses personnes vivant avec handicap à Uvira sont engagées dans des activités économiques, sociales et culturelles qui contribuent activement au développement local. Leur invisibilisation dans le débat public entretient une image biaisée de leurs capacités.

A travers cette campagne, l'ONG Groupe Milima encourage les médias locaux d'être des acteurs clés d’un discours responsable. Les radios communautaires d'Uvira, les médias en ligne peuvent jouer un rôle déterminant dans la formation de l’opinion publique. En choisissant leurs invités, leurs angles de traitement et leur vocabulaire, les journalistes peuvent soit amplifier les stéréotypes, soit promouvoir l’inclusion.

Article rédigé dans le cadre de la campagne Stop Intox, exécutée par l'ONG Groupe Milima, dans son propre intitulé ' Appui au renforcement de la cohésion sociale, inclusion des personnes déplacées et des groupes marginalisés, à travers la lutte contre les discours de haine et la désinformation avec l'appui financier de la GIZ QUALIPRO.

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