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À Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, les personnes souffrant de troubles mentaux font face à une réalité extrêmement difficile. Parfois abandonnées, marginalisées et souvent privées de leurs droits fondamentaux, elles vivent dans des conditions indignes qui devaient interpeller la conscience collective.
Dans plusieurs quartiers de la ville, il n’est pas rare de voir des hommes et des femmes atteints de troubles mentaux errer dans les rues, dormir à même le sol ou encore survivre dans des conditions insalubres, notamment aux abords de la rivière Mulongwe. Sans nourriture, sans vêtements adéquats et sans abri, ces personnes sont exposées à de nombreux dangers, allant de la violence à la maladie font savoir les habitants de la ville d'Uvira.
Selon ces habitants rencontrés, certains malades mentaux, désorientées, circulent parfois nues, confrontées à la honte et au rejet social. Pourtant, derrière ces visages se cachent souvent des parents, des frères, des sœurs ou des proches que la société a progressivement oubliés.
Selon ces sources, les structures spécialisées en santé mentale sont rares et souvent coûteuses. Selon elles, consulter un spécialiste ou acheter des médicaments représente une charge financière insurmontable.
Ces habitants ajoutent, lorsqu’un enfant commence à présenter des troubles mentaux et qu’il est conduit à l’hôpital, les frais exigés dépassent largement les moyens des ménages. Cette situation pousse certaines familles à renoncer aux soins, aggravant ainsi l’état des malades.
Selon monsieur Sylvestre psychiatre du centre psychiatrique Bethsaïda, au-delà des difficultés matérielles, les personnes atteintes de troubles mentaux subissent une forte stigmatisation. Dans les familles, elles sont parfois incomprises ou négligées.
À l’école, elles peuvent être exclues, notamment en cas d’épilepsie ou de troubles visibles. Dans le milieu professionnel, elles sont souvent victimes de la discrimination et se voient refuser des opportunités.
Selon lui, cette stigmatisation fragilise profondément l’estime de soi des malades, les poussant à se sentir inutiles et rejetés par la société.
De son côté Josué Byamungu Asifiwe, psychiatre de l'hôpital général de référence d'Uvira, insiste sur l’importance du rôle de la communauté dans la prise en charge des personnes malades. La famille, les leaders communautaires, les responsables religieux et les institutions locales ont une responsabilité essentielle dans leur accompagnement.
Ce professionnel de santé mentale confirme que la communauté est souvent le premier acteur du parcours de soins. Sans son implication, il est difficile pour une personne souffrant de troubles mentaux d’accéder à une prise en charge adaptée.
Notre source ajoute que la sensibilisation est donc primordiale afin de changer les mentalités, réduire la stigmatisation et favoriser l’inclusion sociale des malades.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali », exécuté par le consortium UNPC COMEL-RDC et UFMP, avec l’appui financier de La Benevolencija.
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